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L’affaire Clotaire Rapaille et l’image de la ville de Québec

Si vous êtes le moindrement dans le milieu de la communication, vous avez probablement entendu parler de Clotaire Rapaille! Vous ne le connaissez pas? Voici un petit résumé selon Cyberpresse:

Lasse de l’expression «Vieille Capitale» qui lui est accolée, la Ville de Québec fait appel au «gourou» Clotaire Rapaille pour «revamper» son image de marque.

Le quotidien Le Soleil a justement créé un dossier concernant la venue de M. Rapaille à Québec.

La question, n’est évidemment pas qui est Clotaire Rapaille, mais c’est plutôt son CV qui intéresse les médias depuis samedi.

Le Soleil a publié un article sur le personnage de Clotaire Rapaille et s’est mis à décortiquer son CV et il y a plusieurs faussetés…

En entrevue au Soleil, M. Dupont ne s’étonne pas que son ami ait claironné à son arrivée au Québec que son enfance sous l’occupation allemande a été bercée par les chansons de Félix Leclerc. «C’est typique de Rapaille», s’esclaffe-t-il, sachant très bien que le chanteur québécois a seulement été connu en France à partir des années 50. En entrevue au Soleil mercredi, au château Frontenac, Clotaire Rapaille s’est d’ailleurs ravisé sur son souvenir. «C’est juste. Ça m’a obligé à repenser à tout ça. Forcément, ça devait être en 1950, quand j’avais huit ou neuf ans.» L’épisode Félix Leclerc peut sembler anecdotique, mais Clotaire Rapaille collectionne les histoires sur son enfance durant la Seconde Guerre mondiale. En entrevue au magazine Fortune en 2002, l’homme né en août 1941 raconte son premier souvenir des États-Unis, soit l’image d’un G.I. venu à l’été 1944 libérer sa France natale, lui tendant une gâterie en descendant de sa Jeep. «Je peux encore goûter le chocolat», confie-t-il au journaliste qui l’interroge sur l’un de ses contrats avec Jeep Wrangler.

Et ça continue comme ça sur plusieurs faits… Décevant! Le maire Labeaume l’a lu et exige maintenant des explications. Suite à ce dossier, un ex-conseiller de la ville de Québec a peur que Québec devienne la risée du Québec et du ROC. Je ne crois pas que c’est la ville de Québec (elle-même) qui sera la risée, mais plutôt le maire Labeaume! Sur le plan politique, ça va faire mal à son « image de bon politicien ». Déjà que l’affaire Rapaille avait déjà fait beaucoup jaser… Et que dire de l’image Clotaire Rapaille… ouff! Je vous propose de lire un extrait d’un billet de Stéphanie Kennan de Bang Marketing.

Quand Yves Boisvert avance que le vrai fumiste n’est pas Rapaille mais le maire Régis Labeaume, je dis : un instant. On parle ici d’un consultant qui embellit sa feuille de route, qui manipule à dessein sa biographie et qui s’invente des souvenirs. De l’autre côté, on a un politicien émotif qui tombe impulsivement dans le panneau. Je ne pensais pas défendre le maire Labeaume sur cette plateforme, mais il faut quand même remettre les pendules à l’heure… Vous avez peut-être également entendu Marie-France Bazzo commenter le dossier ce matin à l’émission de Paul Arcand. Le dérapage est ici d’un autre ordre. Selon elle, Rapaille étant un faiseur d’image, c’est bien normal que son branding personnel ne soit que du vent. Bien sûr, il se vend, c’est un vendeur… donc coupable par association. Je n’aime pas entendre ce type de commentaire car cela discrédite le marketing en général. Une bonne marque est avant tout basée sur une promesse crédible qu’on peut tenir. Tout ce qu’on peut dire dans le cas de notre ami Clotaire, c’est qu’il aura de la difficulté à livrer la sienne.

Heureusement, tout ceux qui travaillent dans le branding/marketing ne sont pas comme Clotaire Rapaille, il faut relativiser, mais je suis prêt à croire que les idée de Monsieur Rapaille ne passeront plus… comme le suggère un conseiller municipal de Québec; faudrait-il annuler le contrat de Clotaire Rapaille? C’est à suivre! Conclusion: la vérité est encore la meilleure chose à dire, non?

[MISE À JOUR - 20H00]

La nouvelle est maintenant officielle, la ville de Québec a résilié son contrat avec Clotaire Rapaille pour des raisons évidentes. Voici un petit résumé selon Radio-Canada.

La Ville de Québec met fin au contrat du consultant en marketing Clotaire Rapaille, engagé pour refaire l’image de la ville. Cette décision a été prise après les révélations du Soleil sur plusieurs inexactitudes dans son curriculum vitae.

Clotaire Rapaille
Clotaire Rapaille

Ébranlé par les révélations, le maire de Québec, Régis Labeaume, s’est entretenu avec Clotaire Rapaille lundi après-midi pour obtenir sa version des faits. La décision a alors été prise de résilier le contrat du faiseur d’image. « Des omissions de M. Rapaille quant à son curriculum vitae ont rendu impossible la poursuite de cette collaboration », a déclaré le maire Labeaume, en précisant que la décision a été prise d’un commun accord par toutes les parties en cause.

On est désolé, c’est raté. On ne peut pas toutes les gagner. C’est en une qui est ratée, on en a gagné plusieurs, on va en gagner plusieurs la prochaine fois. C’est devenu visiblement plus gros que je le pensais. C’est raté, on est désolé. Voilà.

— Régis Labeaume

Le maire de Québec trouvera-t-il le moyen de sortir cette impasse? Trouvera-t-il quelqu’un blanc comme neige? Ça reste à suivre!

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  1. Bon résumé Roch. Je n’avais pas lu les dossiers fouillés du Soleil ce Week End mais j’ai entendu ad nauseam les animateurs de radio de Québec tenter de discréditer l’approche de Rapaille au cours des 3-4 dernières semaines. Jusqu’à ce jour, je trouvais qu’ils s’acharnaient sur le bonhomme en cherchant des poux à sa méthodologies et en s’improvisant expert marketing. J’aurais eu tendance à prendre sa défense ainsiq ue celle de Labeaume et dire: « Donnons la chance au coureur et laissons-le finir son boulot, on jugera plus tard ». Maintenant, force est d’admettre qu’il y a pas mal de poudre aux yeux dans sa feuille de route et que Labeaume s’est fait passer un sapin…

    J’ai hâte de voir la suite. Ca ne veut pas dire que tout est mauvais dans ce qui a été complété par Rapaille jusqu’à maintenant mais le maire devra négocié les autres paiements à la baisse et recommencer le travail avec une firme plus clean…. En trouvera-t-il une au Québec avec un dossier blanc comme neige?…

    • Merci pour ton commentaire Étienne. Effectivement, je crois qu’il fallait lui laisser sa chance, mais là, il l’a manqué. Bonifier son CV à un tel point qu’on a de la difficulté à distinguer le vrai du faux, c’est trop. Oui, il semble que le maire Labeaume s’est avoir avoir… Maintenant qu’il a résilié le contrat, reste à voir s’il trouvera quelqu’un de mieux et qu’il réussira à regagner la confiance des médias et de la population.