Consommateur et réseaux sociaux : magasiner ses valeurs

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Avec la venue de la marque sur les réseaux sociaux, on a observé plusieurs grands changements dans le rapport clientèle/détaillant par rapport au contenu et à sa capacité d’adaptation. D’abord, il y a ce pas majeur sur la route du bonheur pour le gestionnaire de communauté : l’entreprise s’est ouverte à la diffusion de matériel connexe au plan de communication qui n’était pas que de la promotion.

Tes produits, je les aime, mais c’est bon, j’ai compris qu’ils sont jolis.

La consultation pour le client est essentielle et nous sommes loin, désormais, de l’époque où nous subissions de la publicité garochée à gauche et à droite. On n’a qu’à jeter un œil du côté de Frank & Oak et faire attention à la panoplie de ressources que l’acheteur peut trouver sur l’actualité de la mode masculine; c’est un succès. Et puis la marque, elle y gagne en p’tit péché. Je prends mon temps, sur le site, quand je magasine. Je lis quelques articles (bien qu’on attende encore une version francophone qui se tient debout!) et je suis interpellé par la forme que prennent les produits de l’entreprise. Je m’y reconnais.

Parlons-en, de s’y reconnaître…

Au tournant d’un statut sur mon fil d’actualité, aujourd’hui, je tombe sur une photo de la page Facebook d’une entreprise de Québec. (WLKN pour ne pas la nommer.) Ladite entreprise, donc, fait dans le vêtement dont la marque est particulièrement associée aux jeunes, à la beauté et au succès; la Vieille Capitale en a truffée ses bars. L’image que l’on me présente à moi, consommateur potentiel (Ha!) représente une femme vêtue de ce qui semble être un léotard sur une pause et, sur une autre, un chandail qui laisse voir le peu de dentelle qui couvre son entre-jambe. Le modèle porte le vêtement à merveille. Tant et si bien qu’on voit beaucoup plus de sa personnalité que du morceau. Sans décrire avec beaucoup de précision, disons qu’il en restait peu pour l’imaginaire de son homme. Du moins dans l’optique où l’on imagine autre chose qu’un monde où l’on se noie dans le stéréotype. Parce que ce que véhiculait cette photo n’était rien de plus que l’image d’une femme au teint orangé qui en fait trop pour plaire à l’homme (et du même coup à l’acheteur). Une femme faible, une femme pauvre. Ça m’a dérangé. Et il ne s’agit pas d’extrémisme, seigneur, mais de gros bon sens! La ligue des droits et libertés, l’ONU et tant et tant d’autres institutions reconnues nous font la promotion de l’égalité des sexes. On en est rendu là, en 2013, non?

Je m’insurge. Je commente, agis avec la force d’une giga-ironique mention « j’aime » et partage sur mon compte personnel en dénonçant la chose. Je tenais à ce que certain(e)s de mes ami(e)s qui portent ces morceaux sachent les valeurs qu’ils revêtaient également. Quelques minutes plus tard, la page efface la photo. Et bien, a-t-on compris? C’est ce que j’ai le bonheur naïf de croire jusqu’à ce qu’on remplace la publication par celle d’une blonde plantureuse dont la poitrine dévoile la beauté… d’une tuque!

Oui, je vais quelque part, je ne fais pas que pleurer devant la misère humaine.

La marque a ses responsabilités. Le gestionnaire de communauté fait désormais partie des membres de l’équipe de communication. C’est passé, le temps du simple exécutant. Le responsable des réseaux sociaux est un stratège, un communicateur. Éventuellement, l’agence de publicité ou l’entreprise elle-même n’engagera que des machines de combat prêtes à contrôler tout le plan communicationnel. Le stratège stratègerisera. Avec de telles compétences viennent de telles responsabilités, l’ami. Ça fait partie du jeu.

Lorsque les clients ont demandé à la marque de s’adapter à eux et leurs valeurs à travers les années et les mouvements de société, la marque a répondu. Maintenant, c’est sur le Web que ça se fait. Et puis comme client et comme gestionnaire de communauté, je prends soin de ma vision d’un message sain. Sain comme sanitaire, pas mammaire. Le pouvoir des réseaux sociaux n’est plus à vanter. Soyons donc des navigateurs, consultants, clients, travailleurs et ce-que-vous-voudrez avertis et intelligents.

La conscience a sa place dans nos écrans. Et puisqu’ils sont partout, pourquoi pas une conscience de poche? À quand le partage d’éthique sur Dropbox?

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Vincent Massé-Gagné Écrit par :

Présentement stratège pour les réseaux sociaux chez Option nationale, je suis entré dans le monde des communications par la grande porte sans m’y attendre à la sortie de mon DEC en Création Publicitaire au Collège Mérici de Québec. Si ma première expérience consiste à appliquer une stratégie Web pour Le Massif de Charlevoix chez Oasis Communication, je prends rapidement la tangente de la création en devenant concepteur-rédacteur à la pige chez Triomphe.

J’aime la publicité quand elle sait me faire oublier qu’elle existe pour me vendre un produit. Je l’aime quand elle devient un divertissement en soi. Sur le Web, je m’attarde aux relations publiques, aux discours parfois précipités des twitteux passionnés et à la culture à l’ère des internets.

Bref, pour parler dans le jargon de la pub, je suis la créativité, les chemises carottées et les cheveux frisés et incontrôlables d’un concepteur-rédacteur, mais que t’auras pas de difficulté à briefer.

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