Lettre à ma fille : Au revoir (Grand) Papa

NDLR : Mon père est décédé le 14 août 2016. En son hommage, j’ai décidé d’écrire cette lettre à ma fille, comme je l’avais fait pour ma mère en 2013. Je l’ai lu à ma famille et aux personnes présentes à ses funérailles le 20 août 2016.

Chère Olivia,

Le 31 juillet dernier, tu ne le savais pas, mais c’était la dernière fois que tu voyais ton « Papapa » comme tu aimais l’appeler. Tu es venu le voir avant que l’on quitte pour retourner à la maison à l’endroit où il restait maintenant : la Maison Michel-Sarrazin. Évidemment, il était dehors! Grand-Papa a resté près d’un mois à cet endroit. Je n’ai pas pu compter le nombre de fois, mais je suis certain qu’il a été dehors chaque jour quand il le pouvait. Il aimait tellement cet endroit, il le disait à la nombreuse visite qui venait le voir.

Tu es rendue à trois ans et demi et tu savais très bien que Grand-Papa était malade. Au courant des trois dernières années, nous l’avons souvent vu à l’hôpital, souriant, toujours heureux de nous voir, surtout toi, il disait de toi que tu étais une petite fille l’fun, un vrai rayon de soleil! :)

Mon père Michel Courcy et ma fille au mois d'août 2015.
Mon père, Michel Courcy et ma fille au mois d’août 2015.

Grand-Papa est allé rejoindre l’amour de sa vie, Grand-Maman, le 14 août dimanche dernier après un long combat contre le cancer. Grand-Papa a tellement été fort que ces trois dernières années ont passé en criant lapin; on en a tellement profité, tu ne peux même pas savoir. Au courant de l’année 2014, il est même venu chaque mois à Gatineau pour nous voir et avoir du plaisir avec nous! On ne pouvait certainement pas refuser cette offre!

Grand-Papa aimait beaucoup voyager et je suis content qu’il l’ait fait. Tu te souviens Papa te disait, parfois, « on ne sait pas si Grand-Papa est disponible, il est toujours parti! ;) ». Même si Grand-Papa a bien profité des trois dernières années, j’aurais aimé qu’il puisse en profiter encore, mais la maladie l’a rattrapé rapidement. Lorsque nous sommes allés le voir à l’hôpital au début juillet, on ne savait pas qu’il ne reviendrait jamais à son appartement. Lorsque l’on m’a expliqué sa situation la semaine suivante, j’ai écouté mon coeur et j’ai décidé de venir passer chaque week-end avec lui, et ce, même si ça faisait en sorte que je ne pouvais pas passer du temps avec toi. La distance entre Gatineau et Québec ne m’a jamais paru aussi longue. Chaque semaine, j’avais hâte au vendredi pour venir voir mon cher papa d’amour.

Tu as grandi rapidement depuis le décès de Grand-Maman et tu vas continuer à grandir même sans ton grand-papa. Il était le pilier de notre famille et ça, je ne l’oublierai jamais. Peu importe la distance, le temps qu’il faisait ou le moment, il était là pour chacun de ses enfants et même ses petits-enfants. Je pense qu’il y a peu de pères qui viennent chercher leur fils, qui a eu un accident, à 1 h 30 de chez lui, en pleine tempête de verglas, durant la nuit. Le 30 décembre 2003, Grand-Papa a risqué sa vie pour m’aider.

Évidemment, Grand-Papa m’a transmit des valeurs inestimables comme le respect, l’écoute des autres, l’empathie ainsi que l’humilité, mais s’il y a une chose que j’ai apprise avec lui, c’est qu’il faut profiter de chaque instant de la vie et ne pas attendre au lendemain ou au surlendemain pour le faire. Ta mère trouve que je bouge beaucoup et que je suis tout le temps sorti de la maison, en plus presque tout le temps avec toi, ça vient en grande partie de lui, ce côté-là.

Le chemin de Grand-Papa a donc pris fin à 66 ans. Il était très bien entouré, ne t’inquiètes pas; tes oncles Bruno et Richard, ta tante Marie-France, ses soeurs Danielle et Jacqueline ainsi que son frère Marcel et moi y étions. Comme dans sa vie, il n’a pas fait trop de bruit lorsqu’il est décédé.

Comme plusieurs personnes dimanche dernier, j’ai pris quelques minutes seul avec lui pour « lui jaser », malgré son état. Je lui ai demandé de veiller sur toi, sur nous, parce que ce n’est pas facile de perdre sa mère à 28 ans et son papa à 31 ans. Je suis certain qu’il le fera et qu’il sera tout le temps présent, à sa manière, avec nous tous. Je sais très bien que tu ne l’oublieras pas ton « Papapa ». J’ai plein de photos de lui, dans sa jeunesse, mais aussi avec toi; on rira des beaux moments passés avec lui. On pourra pleurer aussi. Grand-Papa ne pleurait pas beaucoup, dû moins, pas devant nous, mais il nous a appris à communiquer et à parler de nos émotions.

Un homme bon, humble, présent et attentionné, c’est ça, qui résume ton grand-père et mon père.

Je t’aime Olivia,

Ton papa xxxx

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Roch Courcy Écrit par :

Jeune trentenaire passionné par la course, les médias sociaux, l’actualité, la communication et les chats! Ah oui, je suis aussi conseiller médias sociaux à la Ville de Gatineau.

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